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Logement : à l’approche de la présidentielle, 43 % des Français disent qu’il pèsera sur leur vote

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Selon une étude Ipsos BVA pour franceinfo et Le Figaro Immobilier, 39 % des Français ont déjà renoncé à des dépenses essentielles pour payer leur logement. Les sondés approuvent à la fois l’extension de l’encadrement des loyers et un allègement de la fiscalité des bailleurs, et aucune personnalité politique ne recueille la confiance d’une majorité sur le sujet.
 

Près de quatre Français sur dix ont déjà renoncé à des dépenses essentielles, comme l’alimentation ou l’énergie, pour payer leur loyer ou leur crédit. C’est le chiffre le plus dur de l’étude « Les Français et le logement » réalisée par Ipsos BVA et l’école d’ingénieurs CESI (Centre des études supérieures industrielles) pour franceinfo et Le Figaro Immobilier, publiée le 29 octobre : 39 % déclarent avoir déjà dû faire ce choix. Plus largement, 52 % jugent leurs dépenses de logement difficiles à supporter, une proportion qui monte à 62 % chez les locataires, et 79 % estiment que leur poids dans le budget a augmenté depuis quelques années.
 

La statistique publique nuance le tableau sans le contredire. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) mesurait début 2024 un taux d’effort net moyen de 16,8 %, c’est-à-dire la part du revenu consacrée au logement une fois les aides déduites, contre 18,3 % dix ans plus tôt. La moyenne masque les écarts : le quart des ménages les plus modestes y consacre 32,1 % de ses revenus, contre 31,0 % en 2014, et les locataires du parc privé 25,4 %. Ces données datent du début de 2024, avant la remontée des taux de crédit observée depuis le début de 2026. Selon le même institut, 58,6 % des ménages sont propriétaires : 38,1 % sans crédit et 20,5 % qui remboursent encore un emprunt. Le confort thermique compte aussi : 73 % des sondés jugent essentiel qu’un logement soit bien isolé et facile à chauffer en hiver, 61 % qu’il soit facile à rafraîchir en été, 62 % qu’il consomme peu d’énergie. Le prix reste toutefois le premier critère, cité par 76 % des Français, devant la localisation (52 %).
 

Un enjeu de vote, d’abord chez les jeunes
 

Pour 69 % des sondés, le logement est une préoccupation importante, et 43 % disent qu’il comptera dans leur choix à la présidentielle de 2027. La proportion atteint 57 % chez les moins de 35 ans. Leur rapport à la propriété en donne une partie de l’explication. Les trois quarts des jeunes locataires souhaitent ou auraient souhaité devenir propriétaires, et 62 % des moins de 35 ans l’envisagent, mais 21 % seulement dans les prochaines années. Le prix d’achat (61 %), le coût du crédit (51 %) et l’apport exigé (36 %) forment les principaux freins. Devenir propriétaire reste vu comme une protection pour la retraite ou en cas de coup dur par 44 % des Français. Interrogés sur la personnalité la plus à même de résoudre la crise du logement, les sondés placent Marine Le Pen en tête avec 37 %, devant Édouard Philippe (29 %). Aucune ne dépasse la moitié, et ce score de confiance n’est pas une intention de vote.
 

Encadrer les loyers et alléger l’impôt des bailleurs
 

Les réponses sur les solutions ne suivent pas les lignes de partage habituelles. Une extension de l’encadrement des loyers à tout le territoire recueille 83 % d’approbation, un allègement de la fiscalité de l’investissement locatif 81 %. Les difficultés d’accès touchent tous les segments : 84 % jugent difficile de trouver un logement social à louer dans leur commune, 75 % une location dans le parc privé, 64 % un bien à acheter. Fin juin, l’Union sociale pour l’habitat (USH) recensait 2,913 millions de ménages demandeurs d’un logement social. Pour les pouvoirs publics, 53 % des sondés jugent prioritaire la rénovation du parc existant, 30 % la reconversion de bureaux vacants et 17 % seulement la construction neuve.
 

Sur les passoires thermiques, une courte majorité (56 %) est hostile à l’idée d’autoriser de nouveau la location de logements mal isolés, mais les sympathisants des Républicains (57 %) et du Rassemblement national (52 %) y sont majoritairement favorables. En droit, rien n’a changé : les logements classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE) ne peuvent plus être loués lors d’un nouveau bail, d’un renouvellement ou d’une reconduction depuis le 1er janvier 2025, et les F ne pourront plus l’être à partir du 1er janvier 2028 en métropole. 

 

Le projet de loi « Relance logement », adopté en première lecture par le Sénat le 8 juillet puis modifié en commission à l’Assemblée en septembre, permettrait de les louer si le bailleur signe un contrat de travaux, mais son examen en séance n’est pas attendu avant novembre. L’expérimentation de l’encadrement des loyers, elle, prend fin fin novembre, sauf si l’Assemblée adopte sans modification la prolongation de deux ans votée par le Sénat le 21 octobre, qui se limite aux communes l’appliquant déjà. Pendant ce temps, 377 834 logements ont été autorisés en douze mois à fin septembre, 9,1 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes, selon le service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique.