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Pouvoir d’achat : un Français sur trois a puisé dans son épargne

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Inflation revenue à 3 %, gazole à un niveau jamais vu, gaz en hausse de 6,3 % au 1er octobre : les ménages règlent la note en réduisant leurs loisirs, puis leurs versements d’épargne. Plusieurs enquêtes publiées en septembre mesurent ces arbitrages, que les comptes nationaux confirment.
 

Le dimanche 20 septembre, à 10 h 30, le litre de gazole valait en moyenne 2,4097 euros dans les stations françaises, d’après un calcul de l’Agence France-Presse sur plus de 8 700 points de vente. Le précédent record datait de la veille. Dix jours plus tard, l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) publiait son estimation de l’inflation de septembre : 3 % sur un an, après 2,4 % en août, avec une énergie en hausse de 21,2 %. L’indice harmonisé, qui sert aux comparaisons européennes, ressort à 3,4 %.
 

Le même jour, le sans-plomb 95-E10 s’affichait à 2,17 euros et le sans-plomb 98 à 2,28 euros. La flambée dure depuis fin février et le début de la guerre en Iran. Le baril de Brent cotait encore 102 dollars le 30 septembre. Dans le détail de l’indice des prix, les produits frais augmentent de 9,9 % sur un an et les services de 2,2 %.
Ces deux chiffres donnent du relief à l’étude réalisée par TGM Research pour le courtier XTB France. 82,1 % des Français y estiment que leur pouvoir d’achat a diminué en douze mois, et 79,2 % placent la hausse des prix parmi leurs principales préoccupations pour la fin de l’année. Les comptes nationaux leur donnent raison : le pouvoir d’achat par unité de consommation a reculé de 0,6 % au deuxième trimestre.
 

Les loisirs d’abord, l’épargne ensuite
 

L’étude détaille l’ordre des renoncements. 51,9 % des personnes interrogées ont réduit leurs dépenses de loisirs, 33,1 % leurs dépenses alimentaires. Vient ensuite l’épargne : 33,4 % ont puisé dans leurs réserves et 29,6 % ont diminué le montant qu’ils mettent de côté chaque mois. 21,7 % ont reporté un projet important, 18,4 % y ont renoncé. Le courtier n’a pas communiqué la taille de l’échantillon ni les dates de l’enquête.
 

L’Insee observe le même mouvement à l’échelle du pays. Le taux d’épargne des ménages est revenu à 17,2 % du revenu disponible au deuxième trimestre, après 17,9 % au premier. En septembre, l’indicateur de confiance des ménages reste à 86, loin de sa moyenne de longue période, fixée à 100, et le solde d’opinion sur la capacité d’épargne actuelle perd trois points. Celui qui mesure l’opportunité d’épargner en cède deux, comme le solde sur la capacité d’épargne future. Du côté des livrets, la Caisse des dépôts a enregistré en août une collecte nette de 540 millions d’euros sur le Livret A et le livret de développement durable et solidaire, la première positive depuis six mois selon MoneyVox. Le Livret A rapporte 1,7 % depuis le 1er août.
 

Le gaz et la voiture, deux postes qui ne se négocient pas
 

Les prochaines factures n’allègent rien. Le prix repère du gaz publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) augmente de 6,3 % toutes taxes comprises au 1er octobre, à 182,88 euros le mégawattheure contre 172,05 euros en septembre. Le régulateur chiffre la hausse à 5,28 euros par mois et l’attribue au seul coût d’approvisionnement, renchéri en août sur les marchés. Environ 40 % des clients, titulaires d’une offre à prix fixe, y échappent. Sur l’année, la facture dépasserait d’environ 10 % celle de 2025, soit 120 euros.
 

La voiture pèse du même poids. Dans une enquête Ipsos pour la Macif, menée du 11 au 15 août auprès de 1 000 titulaires du permis, 70 % des automobilistes déclarent que leur budget automobile pèse sur leur quotidien. 56 % ont déjà renoncé à un achat de véhicule ou l’ont reporté pour des raisons financières, et 42 % ont repoussé des réparations ou un entretien faute de budget. 66 % jugent l’achat d’une voiture moins accessible qu’il y a cinq ans.
 

Ces contraintes finissent par toucher les décisions de long terme. D’après l’étude XTB, 44,7 % des Français ont reporté au moins une décision concernant leur épargne ou leurs investissements, en attendant un environnement économique, politique ou fiscal plus stable. S’ils disposaient de 100 euros de plus par mois, 32,4 % les verseraient sur un livret, 12,5 % sur un placement de moyen ou long terme.
L’Insee publiera le chiffre définitif de l’inflation de septembre le 15 octobre.